Dimanche 5 juillet 2009
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14:37
Trop tard maintenant pour revenir en arrière. Assume
ton choix. Fonce.
Derrière toi, des mots , misérables, remâchés cent fois dans ta bouche amère.Nécessité de trouver un moyen de fuir. T'évader. Respirer un peu.
Peut-être. Habituée aux plaquages de sottes références musicales sur tes émotions exacerbées, monomaniaque du refrain qui colle, tu en cherches un, là, qui ferait office d'exutoire
léger..."puisque tu pars" s'invite. Ridicule. Cliché pathétique. Tu évacues, branches le poste-radio. "On the road again..." s'improvise et flirte avec ton tympan agacé. Parfait.
Tu revois la scène, pitoyable aimée honteuse devant grand dadais désespéré. Fais ta route. Nos chemins se séparent. Tout le tralala mesquin des détours lâches et hypocrites que ta langue
effilément habile dégote pour éviter de dire la simple et cruelle vérité. J't'aime pas, j't'aime plus, t'ai-je jamais aimé? Et sur le moment...soulagée. Pourtant, une fois rentrée,
mal...un truc horrible. Un échappatoire immédiatement à trouver...de suite, hein...help...
Fallait : tu n'en pouvais plus. Vous avez fait fausse route. Expression trop facile que tu te jettes pour t'excuser. Ne plus y penser.
Vous avez fait un bout de chemin ensemble. Soit. Ne plus tergiverser.
Allez hop! Trouver un sens, absolument, une direction, une raison à ce sursaut. Pour moins culpabiliser.
Tous les virages serrés te donnent mal au coeur, toutes les autoroutes t'enferment et te compriment. Alors toujours cet irrésistible penchant à prendre des chemins de traverse, les irréductibles,
t'y perdre là à rêvasser, à regarder le ciel bien haut, les mottes à escalader, les ruisseaux à traverser, infimes obstacles le plus souvent et qui donc ne conviennent pas à ton esprit avide de
complications. Alors tu les fais devenir sous l'emprise des monstres de ton imagination fantasque des cascades dangereuses, des sommets à perdre haleine....Sillonner oui...Te perdre. Eviter
de...surtout...oui ! surtout éviter.Tu aimes les obstacles, le danger...voilà, s'ils n'existent pas, tu les crées ,pour avoir la satisfaction jouissive inconsciemment de pouvoir t'y heurter
de plein fouet. Une masochiste ruade vers des chimères de douleur...une sadique procréation de situations propices aux hara-kiris de l'âme...qui , pour ton extrême plaisir, ressuscite sans cesse
de ses cendres et sage de ses déboires passées, s'empresse vite de replonger.
Tu es faîte pour ça... Tu as mal? Bien fait! Imagine-le , lui, ta victime nouvelle placardée, assis depuis sur son canapé dans la pénombre insoutenable de son appartement étriqué. Regard
dans le vide, mains jointes sur genoux rassemblés, dos bien droit callé dans le dossier, tel Bill Murray placidement déstabilisé dans Broken Flowers, il digère l'indigeste pilule dont tu as
espéré l'effet apaisant: pansement cardiaque empoisonné.
T'es là...sans repère, sans direction. Au grè de ton imagination...suivre le fil de tes déroutes. Si tu savais où aller...quelle route prendre. Ou si tu voulais.
Aveuglée quelques secondes, un flash. Et merde! Ras le bol de payer toujours! Toujours le même! Pervers sournois tapi , qui surgit
toujours au mauvais moment. Qu'on oublie , une fois avalée la dernière amende salée pour ressurgir juste au moment où l'on n'y pensait plus. il doit être dôté d'un esprit doué de devination, a un
radar dans la tête ce type! Tu poursuis, tu te places en victime, tu gamberges....oups... évite l'accident...ça avance bien. Tu râles, tu déverses toute ta rage.
Soudain, c'est l'explosion, tu ne contrôles plus tes doigts fébriles qui glissent et gerbent depuis maintenant une heure sur les pages de ton cahier....Déversoir, encre amie, pied de nez
ostentatoire à un silence qui te défait.... tu poursuis, tu poursuis, la route de tes pensées.