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Par Julie Cadilhac - Bscnews.fr / Photo: Mario Del Curto/ Il était une
fois Les Enfants de Jehovah , un conte poétique de Fabrice Murgia. Puisant dans l'histoire
de sa propre famille " qui porte un passé lourd" où " les rapports sont fragiles quand ils ne sont pas brisés, les non-dits restent infranchissables " , le jeune metteur en
scène narre la destinée d'une grand-mère bouleversée par la mort d'un enfant qui croit trouver un réconfort dans la secte des Témoins de Jehovah. Vingt cinq ans plus tard, son fils rencontre une
femme qui refuse d'adhérer au mouvement et il se voit banni de sa famille. Une démarche autobiographique brillamment exposée sur le plateau. Fabrice Murgia s'attache moins à dénoncer la secte
comme un problème de société qu'il ne souhaite évoquer les difficultés de la troisième génération issue de l"immigration économique dans les années 60. Dès l'ouverture, on est conquis par le
visage d'un enfant en plein écran qui nous parle d'amour avec une assurance désarmante ; l'émotion s'installe instantanément et ne nous quitte plus. Ce metteur en scène est un magicien tant il
sait jouer de la direction d'acteur, de la musique, de l'utilisation de la vidéo et des effets spéciaux pour plonger le spectateur dans un rêve-cauchemar éveillé. Le public est happé, l'estomac
et le coeur penchés vers ce plateau sombre sur lequel plane la menace de l'embrigadement et de l'aveuglement. Fabrice Murgia, grâce à l'interprétation remarquable d'Ariane Rousseau et de Magali
Pinglaut , nous fait toucher du coeur la fragilité des êtres que la langue isole et Cécile Maidon est effrayante dans son rôle de voisine endoctrinée et compatissante à la voix mi-ange mi-démon.
On devient soudain un enfant terrorisé par des monstres, on frissonne de l'incendie qui détruit tout, on s'émerveille d'une pluie de flocons et des miracles auxquels l'on a envie de croire tout
de même...Cette pièce est en outre un bel objet esthétique en soi et l'on peut se laisser aller à regarder les tatouages qu'imprime la vidéo sur les murs sans chercher à rationaliser l'ensemble,
juste se laisser imprégner par l'émotion que véhicule le mariage d'un accent italien, d'une robe blanche immaculée et des fumigènes qui ceignent ses pieds ou encore les épousailles fortuites d'un
visage bouleversé et de vieilles photographies brandies. C'est une pièce à aimer pour sa singularité délicieuse, sa force de suggestion et sa propension à produire des images étonnantes !
On ne vous conseille que trop d'en vivre l'expérience onirique!
Les enfants de Jehovah
Mise en scène: Fabrice Murgia
Co-concepteur: David Murgia
Assistante à la mise en scène: Catherine Hance
Dates:
* Les 16, 17 et 18 juin au Printemps des Comédiens à Montpellier
* Le 30 septembre 2012 à Limoges Les Francophonies en
Limousin
* Les 13 et 14 novembre 2012 à Tarbes-Pyrénées Le Parvis Scène
Nationale
* Le 16 novembre 2012 à Lillebonne Juliobonna / Festival
Automne en Normandie
* Du 20 novembre au 1er décembre 2012 à Bruxelles au Théâtre
National
* Du 6 au 8 décembre 2012 à Créteil - Les Théâtrales Charles Dullin - Maison des Arts de Créteil
* Le 18 janvier 2013 à Istres - Le Théâtre de l’Olivier
* Du 21 au 23 janvier 2013 à Montluçon - Le Festin - CDN
*Le 26 janvier 2013 à Ste Maxime - Le Carré
* Du 29 janvier au 2 février 2013 à Namur - Le Théâtre de
Namur
* Les 12 et 13 février 2013 à Neuilly-sur-Seine - Le
Théâtre de Neuilly-sur-Seine
* Du 19 au 21 février 2013 à Tournai - La Maison de la Culture
de Tournai
* Les 14 et 15 mars 2013 à Grasse - Le Théâtre de Grasse